Main-basse sur Louis XVII
Comment le souvenir du roi-martyr est récupéré pour soutenir les prétention d’un prince espagnol
 

            C’est dans le cadre prestigieux du Musée d'Histoire de la Médecine (12, rue de l'École-de-Médecine à Paris) que le duc de Beaufremont, président du Mémorial de France à Saint-Denis, a révélé le résultat des analyses effectuées sur le cœur présumé du petit roi Louis XVII mort de tuberculose dans la Tour du Temple le 8 juin 1795. II avait à ses côtés le prince Luis-Alfonso d'Espagne qui se donne le titre fantaisiste de « duc d'Anjou et de Bourbon » et s'est présenté, non sans impudence, comme « le successeur des Rois de France » ! On se demande ce qu'il faisait dans une réunion consacrée à un épisode de l'histoire de France...

            L'assistance a écouté successivement le professeur Jean-Jacques Cassimon, de l'Université de Louvain, et le professeur Bernd Brinkmann, directeur de l'Institut de Médecine légale de l'Université de Munster (Allemagne) donner le compte-rendu des tests A.D.N. mitochondrial réalisés depuis décembre 1999 sur des fragments du cœur présumé de Louis XVII. Leurs conclusions sont identiques ce cœur est celui d'un parent de la reine Marie-Antoinette dont les cheveux ont été soumis aux mêmes tests A.D.N. La science permet maintenant de résoudre certaines énigmes historiques.

            Philippe Delorme, historien, qui a suscité ces analyses et qui vient de publier un ouvrage Louis XVII, la vérité (1), a retracé l'histoire rocambolesque de ce cœur prélevé clandestinement par le docteur Philippe-Jean Pelletan chargé de l'autopsie de l'enfant; Ce cœur est passé de mains en mains, a même été récupéré dans une décharge après le sac de l'archevêché de Paris en juillet 1831 pour aboutir en 1979, après bien d'autres péripéties au Mémorial de France à Saint-Denis.
 


Le cœur disparu

            Une objection subsiste cependant. Le cœur du fils aîné de Louis XVI, Louis-Xavier-Joseph mort en juin 1789 a été remis au Val de Grâce avec les autres cœurs royaux profanés, comme les corps, à la basilique Saint-Denis. Ce cœur a été sauvé par une personne qui l'a remis à Louis XVIII lequel, à son tour, l'a fait déposer à Saint-Denis. Or on ne retrouve pas ce cœur. Qu'est-il devenu ? A notre connaissance, la basilique de Saint-Denis n'a pas subi de bouleversements depuis la Restauration. Ne serait-ce pas le cœur de ce premier Dauphin qui aurait été analysé ?

            II y a tout de même de fortes chances que ce cœur soit celui du petit roi martyr, symbole de l'enfance malheureuse, mort au Temple le 8 juin 1795.

            Le duc de Beaufremont a annoncé son intention de procéder à l'inhumation solennelle du cœur de Louis XVII à la basilique de Saint-Denis. Ce serait pour lui l'occasion de procéder à une nouvelle manifestation « légitimiste ». L'affaire Louis XVII serait ainsi utilisée pour mettre en avant l'arrière-petit-fils d'Alphonse XIII et du général Franco, comme prétendant au Trône de France. On a envie de dire à ce prince espagnol : Restez chez vous. Laissez-nous entre Français.
Pierre PUJO

(1) Philippe Delorme : Louis XVII, la vérité. Ed. Pygmalion-Gérard Watelet. 270 pages, 89 F.
 
 

LE CRIME DE LA RÉPUBLIQUE

Les Dernières Nouvelles d'Alsace (28 avril 2000) publient la lettre d'un de ses lecteurs, le docteur Paul Simon

« Le mystère de la mort du roi Louis XVII, qui vient d'être éclairci par la science, nous interpelle. Ce qui était l'État français de l'époque a conduit à la mort, dans des conditions atroces, un enfant de dix ans, quelques mois après la mort du roi, son père, et la reine, sa mère, et de sa tante M'° Elisabeth que beaucoup considèrent comme une sainte.

En cette période de repentance généralisée et à sens unique, un haut responsable de l'État français actuel demandera-t-il pardon pour tous ces crimes ? »

La République a été fondée en France sur le martyre d'un enfant. Quand fera-t-elle repentance de son crime ?


 
 
UNE DÉCLARATION DU COMTE DE PARIS

Après la publication des résultats des analyses effectuées sur le cœur de Louis XVII, Mgr le Comte de Paris, Duc de France, a diffusé le communiqué suivant

L'histoire vient d'être confortée par la science, le jeune Roi Louis XVII est mort au Temple ! Ce qu'affirmaient déjà la plupart des historiens sérieux.

Pourquoi faire resurgir les haines et les rancunes du passé ?

Certes l'assassinat de l'enfant-roi est hors du dicible... Mais la faute, si l'on entre davantage dans cette réflexion incombe à tous : les princes de sang de France, les rois d'Espagne, les empereurs d'Autriche, les aristocrates français et ceux du Saint-Empire germanique qui ont fui leurs responsabilités pour se mettre à l'abri. C'est remettre aussi gravement en question la fondation d'une république sur la mort programmée de l'enfant royal.

Bien avant que le mot « repentance » ne soit évoqué, durant sept ans le 21 janvier, j'ai personnellement et publiquement demandé pardon de l'acte abominable accompli contre la Famille royale de France dont j'incarne aujourd'hui le principe.

Les Français ont besoin de se rassembler pour construire leur avenir dans la tourmente qui se prépare.

C'est pourquoi je-suis  solidaire de tous ceux qui veulent que la France demeure toujours la France. 

HENRI
Comte de Paris,
Duc de France

ACTION FRANCAISE 2000 N°2556 du 4 au 17 mai 2000

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