L’ADN ET LA RECHERCHE HISTORIQUE

Naundorff ne serait pas Louis XVII


 


    Mort a Delft (Pays-Bas) le 10 août I845, Karl-Wilhem Naundorff fut considéré par les autorités néerlandaises comme le fils de Louis XVI. Elles le firent inscrire sur le registre des décès sous le nom de CharIes-Louis de Bourbon. Depuis cette époque, nombreux sont les " naundorfiste " qui ont cru que le mort de Delft était l'héritier légitime des Capétiens. Certitude contredite par l’analyse ADN menée par l’équipe du professeur Jean-Jacques Cassiman du Centre de génétique humaine de l’université catholique de Louvain et confirmé par les chercheurs du Laboratoire de génétique moléculaire du CHU de Nantes. Publiée dans I'European Journal of Human Genetics, l'analyse a porté non sur l'ADN contenu dans le noyau des cellules, mais sur l'ADN qui se trouve dans les mitochondries (les " centrales énergétiques " de la cellule). Plusieurs milliers d'exemplaires de l'ADN mitochondrial sont présents dans une ceIIuIe, ce qui favorise sa survie dans les échantillons biologiques anciens.

    Cette ADN est transmise par la mère. L'analyse comparative a été pratiquée sur des restes de Naundorff (humérus et cheveux) conservés par la police de Delft après une exhumation pratiquée en 1950. Des cheveux de deux sśurs de Marie-Antoinette (Jeanne-Gabrielle et Marle-Joseph), conservé dans un couvent de Klagenfurt (Autriche) ont servi à l'analyse comparative.

    L'authenticité de ces cheveux a elle-même été prouvée par des descendants actuels, par les femmes, de la famille royale. Anna de Roumanie et André de Bourbon-Parme. Pour les chercheurs, le test ADN a montré " de façon concluante que les restes de Naundorff ne peuvent être identifiés comme ceux de Louis XVII ". Une conclusion qui, n'a pas convaincu les "naundorfistes ". Ceux-ci demandent que l’on procède à une nouvelle exhumation, car, selon eux, les restes conservés par la police de Delft le furent dans des conditions qui ne permettent pas de conclure à leur authenticité.

    On sait que les tests ADN ont apporté des réponses a d'autres énigme historiques. Ainsi ont-ils permis de détruire la légende selon laquelle le mystérieux Kaspar Hauser aurait été un bâtard de la grande-duchesse de Bade née Stéphanie de Beauharnais. Ce sont aussi des tests ADN pratiqués en 1997 sur un squelette conservé par la police de Francfort qui oui apporté la preuve que Martin Bormann, chef de la chancellerie du Reich, était mort à Berlin en mai 1945. Dans ce cas précis, été effectuée a la demande des deux enfants de Bormann.

V.D.
 
 

Qu'est-ce que l'ADN ?


 


    L’ADN (acide désoxyribonucléique) est une molécule présente dans toutes les cellules de l'organisme. Elle contient environ trois milliards et demi d'informations qui définissent le code génétique propre à chaque individu : c'est l'empreinte génétique, comparable aux empreintes digitales. On estime à une chance sur trois milliards la probabilité de rencontrer deux empreintes génétiques identiques entre deux non-jumeaux. cette " signature chromosomique " propre à chaque individu a été découverte en 1984 par un Britannique, Sir Alec Jeffries. Pour effectuer un test génétique, il suffit de prélever quelques milliardièmes de grammes d'ADN. Un cheveu est suffisant s'il possède son bulbe, mais également un morceau d'ongle, des gouttes de sang, une dent, un morceau d'os, bref. tout ce qui provient du corps humain.

Article du magazine " ENQUETE SUR L’HISTOIRE " N° 28 Septembre –Octobre 1998

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