GENEALOGIE DE LA DESCENDANCE DE LOUIS XVI
 
 

LOUIS XVII épousa à Spandau (Prusse), le 18 octobre 1818, à son domicile,
Johanna Frédérique EINERT, née le 27 février 1803 à Havelberg,
décédée le 8 juin 1888 à Grunnchen (Hollande)
Il eut neuf enfants dont cinq fils.

AMELIE
Née à Spandau le 31 août 1819
décédée le 28 décembre 1891 à MESSAC (Ille-et-Vilaine)

        Elle se maria le 15 juillet 1876 à Breda, à un bourgeois veuf; le plus jeune frère de monsieur l'abbé LAPRADE, curé de Mazerolles (Vienne), monsieur Xavier Abel LAPRADE, possesseur du petit manoir du Logis de Mazerolles.
        Après le départ de Louis XVII pour la France, en 1833, celui-ci se reposa sur sa fille aînée, Amélie, qui, par son sérieux, son courage et la fermeté de son caractère, devint le véritable chef de famille, prenant en charge ses frères et sœurs et aidant sa mère à gagner l'argent nécessaire pour faire vivre la petite famille.
        L'amour et la confiance qui unissaient le père et la fille se retrouvent dans leur correspondance, où le père prodigue conseils et recommandations et la fille tient scrupuleusement le père au courant de tous les événements de leur vie.
        Après le décès de LOUIS XVII, elle fut le moteur essentiel de la défense de la Cause de son père; elle fit reprendre le procès en annulation de l'acte de décès du Temple qu'avait intenté sa mère en 1851, avec le même avocat : Jules FAVRE, et elle fonda en 1883 « La Légitimité » qui paru jusqu' en 1940, organe soutenant l'identité de LOUIS XVII -NAUNDORFF.
        Mariée, elle n'a pas eu d'enfant mais, avec l'aide de CORNELIE, fille aînée de son frère CHARLES EDMOND, décédé à l'âge de 50 ans, elle élèvera les trois fils, qui furent, entre autres, pensionnaires à Blois, à Notre-Dame des Aydes, sous le nom de LISBOIS, en même temps que le père de François Mitterand (1889-1890).

CHARLES-EDOUARD CHARLES X de droit
23/711821 à Spandau - décédé le 31/11/866 à Breda
célibataire, sans postérité

        Nous reproduisons en annexe le fac-similé du contrat signé entre GUILLAUME II « par la grâce de Dieu, roi des Pays-Bas, Prince d'Orange-Nassau, Grand Duc du Luxembourg, etc. », et monsieur Charles-Edouard de BOURBON, et signé également par le ministre de la Guerre, le général LIST, le nommant directeur de l'Atelier pyrotechnique, aux appointements de 15.000 florins par an (1 florin = 2 Louis, soit de nos jours environ 10.500.000 F), le 7 janvier 1846.Les inventions de Louis XVII avaient été évaluées à 300.000 florins (environ 210.000.000 F actuels), mais sa mort précipitée fit que cette somme ne fut pas versée à l'intéressé. Ses héritiers attaquèrent le ministère, et la Haute Cour du royaume, en date du 3 octobre 1848, condamna le gouvernement à payer aux héritiers 5% de la valeur des inventions, soit 15.000 florins.

BERTHE-JULIANE
Née le 8/11/1823, décédée le 3/4/1825 à Brandebourg (Prusse)

        La mort de cette petite fille de dix-huit mois affecta beaucoup son père.

MARIE-ANTOINETTE
Née le 13/03/1829 à Crossen (Prusse), décédée le 17/03/1893 à Breda

        Elle épouse le 12 mai 1855, à Breda, Guillaume Sébastien van der HORST. Ils eurent cinq enfants. Elle se remaria le 8 février 1890, à Breda, à Benjamin DAYMONAZ, fervent défenseur de la Cause, Ils n'eurent pas d'enfant Elle décéda à Breda.

LOUIS-CHARLES, CHARLES XI de droit le 31/1/1866
né le 11/03/1831 à Crossen, décédé le 26/11/1899 à Ginneken

        Il épousa le 9 octobre 1880, la veuve catholique d'un officier de la marine hollandaise, Madame SNOERS, née Hermine Dorothée Gysberte van der KRUYFF (1815-1887).Ils n'eurent pas d'enfant.
        Il s'engagea à vingt ans dans l'armée hollandaise. Le 6 mars 1860 n'ayant pas voulu, pour devenir officier, se faire naturaliser hollandais, et son engagement étant terminé, il quitta le service. Après son mariage, il vint s'établir à Teterigen-les-Breda.11 a travaillé comme homme d'équipe aux chemins de fer pour le modeste salaire de 600 florins par an.11 avait comme violon d'Ingres la sculpture sur bois.
        Trop jeune pour accompagner le prince Charles-Edouard et Madame Amélie quand ils firent leur première communion à Dresde, c'est un pasteur luthérien qui le baptisa, mais il ne pratiqua jamais la religion protestante.. C'est pourquoi, il ne fut baptisé sub conditione que le 27 février 1884.11 fit sa première communion le lendemain et reçut le sacrement de confirmation le 4 mars suivant.
        Le 14 mars 1884, entouré de ses fidèles, il réalisait dans la chapelle provisoire du Sacré-Cœur de Montmartre, le vœu que Louis XVI n'avait pu exécuter au Temple :

       « Moi, LOUIS-CHARLES de BOURBON, fidèle au vœu de mon aïeul LOUIS XVI, le roi-martyr, je déclare que, de mon plein gré, je renouvelle et confirme le changement déjà fait des armes de notre Maison. »
« Je veux que le Sacré-Cœur brille dans notre écusson, qu'il soit brode sur nos étendards. »
« Je consacre ma personne, ma famille et le royaume de France à ce divin Cœur. »

« CHARLES »
        A partir de la mort du comte de Chambord, en 1883, il fit plusieurs proclamations à la nation française, pour affirmer ses droits prioritaires et fustiger les Orléans, LOUIS-PHILIPPE n'étant ni BOURBON ni ORLEANS, ni français.
        Il y exprime son désir d'une monarchie chrétienne, paternelle et forte, l'égalité devant la loi, pour tous l'admission aux emplois et aux honneurs, la suppression des abus, la diminution des impôts.
Il veut protéger l'agriculture et veiller avec sollicitude sur le sort des ouvriers.
        A l'extérieur, il veut la gloire de notre Patrie, et pour agir, pas d'autres moyens que l'honnêteté et la force mises au service du droit.

        Le 14 novembre 1883, mal conseillé, il signe une déclaration cédant ses droits à son frère Adelberth. A cette époque, ses deux autres frères cadets sont déjà décédés: Charles-Edmond le 29 octobre 1883 et Ange-Emmanuel, le 13 février 1878.
        Mais sa renonciation est nulle de plein droit. La couronne de France n'est pas un héritage dont on peut disposer, mais une charge à laquelle on ne peut renoncer, et qu'on ne peut aliéner.
        Aussi, revenu de cette erreur, le 17 avril 1884, il révoque cet acte, et réaffirme les Lois fondamentales du royaume en reconnaissant pour ses successeurs et héritiers directs les fils de son frère cadet, Charles-Edmond décédé.

         Durant l'été 1884, il se rendit à Rome avec M. le comte de Beaumont, ancien intendant du bataillon des zouaves pontificaux, et avec le marquis de Meckenheim, son secrétaire, chevalier de la légion d'honneur. Tous trois furent reçus en audience privée par le Saint-Père LEON XIII qui leur donna sa bénédiction. Monsieur l'abbé Rigaud, de Limoges, dans ses lettres « d'un ami du malheur » au général Cathelineau (p. 14 et 51) mentionne que l'abbé Pennachi, de Rome, lui écrivait que « Le Vatican aura un jour quelque chose à dire sur la question Louis XVII : aquid dicturus est ». On sait que l'abbé Pennachi était une sorte d'autorité officielle -. rédacteur des « Acta Sanctoe Sedis », membre de l'Académie catholique de Rome, consulteur de la Congrégation de l'Index, professeur d'histoire ecclésiastique au collège Apollinaire et à la Propagande, Supérieur du Séminaire des Missions de Rome ... De son côté, « La Légitimité » du 12 juillet 1885 disait « Un prélat anglais, Mgr Sussex, a assuré dernièrement à plusieurs de nos amis avoir vu, dans les archives de PIE IX, des documents relatifs à l'évasion de Louis XVII. »

CHARLES-EDMOND
Né le 3/4/1833 à Crossen, décédé le 29/10/1883 à Breda
décédé avant son frère aîné LOUIS-CHARLES il n'eut pas le titre de roi de droit, mais il est à l'origine de la branche aînée dite française

        Il a été baptisé le 21 avril 1833, et il a fait sa première communion à Dresde en compagnie de Madame Amélie.
        Après un mariage sous seing privé, par l'abbé LAPRADE, en 1867, moyennant dispense du Saint-Siège, il a épousé officiellement une catholique, Christina SCHOENLAU, le 22 mai 1872, en la cathédrale Saint-Servais de Maëstricht. Ils eurent cinq enfants dont trois fils.
        Il parlait et il écrivait plusieurs langues. Il servit dans l'armée hollandaise comme volontaire. Prêt à passer officier, sa maladie de cœur le fit réformer, et malgré tous ses efforts pour rester au régiment, sa carrière fut brisée, et dès cette époque, il fut aux prises avec diverses adversités.
        L'aînée des enfants, était une fille, CORNELIE, qui aida sa tante, Madame Amélie, à élever ses trois frères.
        Le premier fils, Auguste-Jean-Charles-Emmanuel devint JEAN III de droit [6/11/1872-1/7/1914] et son fils unique, Henri-Charles-Louis, HENRI V de droit [27/11/1899 -9/l/1960]; marié à Florence Greenhill, il n'eut pas de postérité.
        Le second fils se prénommait Charles-Louis-Matthieu [4/3/1875-11/10/1944], médecin, il parlait plusieurs langues. Il est décédé avant Henri V de droit et n'eut donc pas le titre de roi de droit. Mais son fils unique, CHARLES-LOUIS-EDMOND, né le 18 juin 1929, à Neuilly Saint-Front, dans l'Aisne, est devenu, le 9 janvier 1960, à la mort de son cousin germain, Henri V, le roi de droit actuel sous le nom de CHARLES XII (comte de Poitiers).Son fils unique, HUGUES CHARLES GUY, né le 29 décembre 1974 à Saint-Germain-en-Laye, est dauphin de France.
        Le troisième fils, Louis-Edmond [1878-1940] n'a pas eu d'enfant, il adopta René Tschoeberlé, qu'il reconnut un mois avant sa mort.

MARIE-THERESE
Née le 15/5/1835 à Dresde, décédée le 26/11/1908 à Delft

        Elle épousa le 18/7/1875, Charles-Eugène Le Ciercq et n'eut pas d'enfant.
        Elle vécut une vingtaine d'années à Java. Son époux était membre de la Chambre des Comptes aux Indes Néerlandaises. A la mort de son époux, elle revint en Hollande, d'abord à La Haye, au 224 van Speijk straat, puis à Ginneken, faubourg de Breda.
        Elle avait reçu une éducation très soignée, elle chantait, jouait du piano et en plus du français, elle parlait le hollandais, l'anglais, l'allemand et le malais qu'elle avait appris à Java.

ADELBERTH
Né le 26/4/1840 à Londres, décédé le 18/10/1887 à Berg-op-Zoorn

        Il a été baptisé par l'abbé Appert.

        Lieutenant en second au 1er régiment d'infanterie, il épouse à Utrecht, le 23 février 1865, une protestante, Marie-Catherine Jeanne Adrienne du QUESNE van Bruchen (1834-1915), descendante du marquis Duquesne, vice-amiral sous Louis XV. Parmi les témoins, il faut citer, Maître Henri Hoeufft van Velzen, chambellan du roi et membre des Etats-Généraux.
        Ils eurent quatre garçons élevés dans la religion luthérienne.
        Il est à l'origine de la branche cadette dite hollandaise puis canadienne.

        En juillet 1855, le colonel gouverneur de l'Académie royale des Pays-Bas fait connaître à Madame veuve de Bourbon que son fils aîné Adelberth (âgé de quinze ans) est admis en vertu d'une ordonnance du ministre de la guerre du 20 juin précédent, à concourir pour être reçu à l'Académie, faveur qui n'est jamais accordée à un étranger. Le jeune Adelberth, sergent au 6e régiment d'infanterie, se distingue et réussit en 1863, le concours pour l'obtention du grade d'officier. Comme aucun étranger ne peut devenir officier dans l'armée des Pays-Bas, il présente une requête aux fins de naturalisation, requête qui est soumise par le gouvernement aux Etats-Généraux; un débat s'engage pour savoir qu’elle est la nationalité de l'impétrant; le ministre de la Justice et le rapporteur de la commission déclarent qu'Adelberth : « était français comme son père ». Le rapport officiel précise, le 4 novembre 1863 : «  il est de notoriété générale que son père était un Français, qui après avoir habité plusieurs pays étrangers est décédé à Delft en 1845, sans jamais avoir perdu sa qualité de Français » (Boissy d'Anglas, Rapport au Sénat, pièces justificatives, 2è éd. P. 250).
        Le projet de loi naturalisant Adelberth de Bourbon est voté à la majorité de 49 voix contre 3; promulgué le 22 décembre 1863, et paru sous le numéro 145 au journal officiel du royaume des Pays-Bas.
        Le 12 mars 1888, à la demande de la veuve de Charles-Edmond de Bourbon, née Christina Schoenlau, le procureur général du tribunal de Bois-le-Duc (port des Pays-Bas), et le 20 mai 1891, celui du tribunal de Maëstricht, proposent à ces juridictions de rectifier tous les actes d'état-civil hollandais comportant le nom de « Naundorff » : ces hauts magistrats fondent leurs réquisitions sur le motif suivant :

        « Considérant que toutes ces prétentions sont fondées au nom des membres de la famille de Bourbon, de descendre du fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, roi de France, établi en cette contrée, peuvent être considérées comme un fait historique prouvé. »
« A la suite de ces réquisitions, les deux tribunaux, aux dates susvisées, rendent les jugements conformes, en vertu desquels le nom de « Naundorff » est partout rectifié en « de BOURBON ». (id. p-231). »

        A la suite de ces décisions, la justice française, qui a cependant en 1851 et 1874 refusé d'annuler l'acte de décès de 1795, déduit de leur conséquence nécessaire par un jugement du tribunal de la Seine du 26 novembre 1914 :

       « Le nom de « de BOURBON » nom acquis aux demandeurs par décisions et jugements des Etats-Généraux et des tribunaux de Hollande, lesquels décisions et jugements ont leur entière force sur le sol français ».

        Adelberth, capitaine d'infanterie, demeure à Bergen-op-Zoom à partir du mois de juillet 1883 et il y décède le 18 octobre 1887.
        Il laisse trois fils, protestants comme lui, dont l'aîné, LOUIS-Charles-Jean-Philippe, né le 8 décembre 1866, est reçu premier à l'Académie royale militaire sur 143 aspirants, au mois de juillet 1883. Le 8 septembre suivant, il entre à l'école des Cadets de l'Académie royale, dont il sortira officier deux ans après, pour servir dans l'artillerie néerlandaise, pour aptitudes spéciales.11 n'a eu qu'une fille, prénommée Madeleine.
        Le second fils, Henri-Charles-Edouard, né le 27 octobre 1867, a également été reçu à l'Académie royale militaire.Il est à l'origine de la descendance émigrée au Canada et dont le représentant actuel est le prince CHARLES-LOUIS, né le 2 novembre 1933.Il a fils et petits-fils.
        Quant au troisième fils, Emmanuel (1869-1938), il n'a pas eu de descendance.

(ANGE) EMMANUEL
Né le 14/03/1843 à Londres, décédé le 13/02/1878 à Batavia (Indonésie)
Sans alliance, sans postérité.

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