Paris le 02 Juillet 2001
DEMANDE DE DROIT DE REPONSE
Monsieur le Directeur de la Publication,
Je vous remercie de bien vouloir
publier, conformément à l'article 34 et à l'article
13 de la loi du 29 juillet 1881, ce droit de réponse à la
suite de l'article paru dans l'organe de presse dont vous assurez les fonctions
de directeur de la publication.
Titre du périodique:
HISTORIA
Date de la parution: Juin
2001
Titre de l'article: "L'énigme
Louis XVII ne fait plus recette"
Dossier: Quant l'ADN bouscule
l'histoire
Pages de parution: 64, 65,
66, 67, 68, 69
Nombre de lignes: 415
Nombre de photographies ou
reproductions: 6, avec sous-titres
Nombre d'encars en grisé:
5 : "La thèse de la substitution ne tient pas:
il y a trop de témoins".
Conclusion irréfutable:Naundorff
n'est qu'un imposteur".
"Si ce n'est toi, c'est donc ton
Frère" avec un texte de 23 lignes.
" Le cœur est identifié par
un fragment d'aorte coupé à 2cm". "Les cent un faux dauphins"
avec un texte de 34 lignes. Auteur de l'article: Philippe Delorme.
Veuillez trouver ci-après
le texte de mon droit de réponse:
"En qualité
de descendant direct et aîné de Naundorff-Louis XVII, portant
légitimement et légalement le nom de Charles Louis Edmond
de Bourbon, je considère que l'encart-titre de votre page 66 "Conclusion
irréfutable: Naundorff n'est qu'un imposteur" porte gravement atteinte
à l'honneur de mon arrière-grand-père et à
la considération de ses héritiers".
"Je réfute
absolument cette conclusion faite à partir d'analyses ADN des deux
fragments d'os réputés provenir de l'exhumation en 1950 de
mon ancêtre, mais qui, ayant transités pendant 46 ans dans
un bocal non scellé, ne présentent absolument aucune certitude
sur cette origine, d'ailleurs mise en doute avant même cet examen
par les deux laboratoires de Nantes et de Louvain qui l'ont pratiqué,
puisque, l'un comme l'autre ont demandé une nouvelle exhumation
du corps de Delft." Ces analyses n'ont pu être effectuées
que grâce à mon accord et à celui de mon cousin Charles-Louis
de Bourbon. Ayant appris que Monsieur Pétrie - Hollandais auteur
d'une thèse tendant à démontrer que c'est bien Louis
XVII qui est mort au Temple en 1795 - avait retrouvé ces deux
morceaux d'humérus, j'avais écris le 15 juin 1995 à
l'hôpital de Leiden pour en revendiquer la propriété,
mais en autorisant que la moitié soit remise au professeur Cassiman
pour analyse: cet hôpital ne m'a pas répondu, mais par contre,
a donné, le 30 août 1995, la totalité de ces deux ossements
à Monsieur Pétrie pour remise au professeur Cassiman!!!"
"De l'aveu même
de ce Monsieur Pétrie, ces ossements étaient montrés
comme curiosités anatomiques aux étudiants en médecine!
"Le témoin
analysé étant douteux, le résultat des analyses ADN
ne peut être valable."
"Monsieur Delorme,
entre autres, dit les contre-vérités suivantes:
1 - Les ordonnances médicales faites en 1793 démontrent au
contraire que les soins donnés au Dauphin concernaient des remèdes
contre les vers intestinaux, puis des soins pour une hernie testiculaire
occasionnée par un jeu à cheval sur un bâton, et non
une atteinte de tuberculose.
2 - L'évasion était rendue tout à fait possible pour
les révolutionnaires par le fait que Robespierre, puis Barras,
ont été les maîtres absolus du Temple, avec des hommes
à eux dans les lieux: Simon et sa femme pour le premier, Laurent
pour le second.
3 - Naundorff est le seul dont les "mémoires" ne suivent pas le
fil des évènements imaginés par Regnault-Warin dans
son roman "Le cimetière de la Madeleine".
"Pour mémoire je rappelle qu'il n'a jamais pu être trouvé au pseudo-Naundorff une autre origine que celle qu'il a affirmée toute sa vie et qu'il est le seul à avoir demandé à être jugé, ce qui non seulement lui fut refusé, mais entraîna son arrestation, le vol des documents qu'il avait réunis pour ce procès et son expulsion vers l'Angleterre (alors qu'il était arrêté comme étranger de passage venant de Prusse et habitait en France depuis 3 ans!)"
"L'encart grisé
de votre page 67 est consacré au "cœur de Louis-Joseph" premier
dauphin que Monsieur Delorme affirme avoir disparu pendant le sac du Val
de Grâce au moment de la Terreur: "l'Histoire du Val de Grâce"
fait mention qu'un certain Legoy le sauva et que les héritiers de
celui-ci le remirent à la Mairie du XIIème arrondissement
de Paris (devenu le 5ème) en 1817. (d'ailleurs page 159 de son livre
"Louis XVII, La Vérité" Ed. Pygmalion avril 2000, Monsieur
Delorme cite le texte d'une lettre du ministre de l'Intérieur à
Louis XVIII, attestant de la remise du cœur de Louis-Joseph par le sieur
Thévenin, qui en était dépositaire, au maire du XIIème
arrondissement de Paris).
Monsieur Delorme
affirme que ce cœur de Louis-Joseph a été embaumé
(ce dont il n'apporte pas la preuve): Monsieur Jacques Marette, embaumeur
(son livre "Mémoires d'un embaumeur"), spécifie que l'embaumement
par injection dans le système vasculaire date de 1813-1814, par
le pharmacien Jean-Nicolas Gannal. Cet embaument implique la ligature des
veines et artères afférentes. Monsieur Marette confirme qu'en
1789 (époque de la mort de Louis-Joseph), les embaumements étaient
de très mauvaise qualité, justement parce que le corps ou
la partie de corps," était seulement nettoyé (et non injecté),
et placé dans un bocal dans un produit conservateur, alcool, esprit
de vin par exemple, ou bien l'un des nombreux produits cités pour
l'enterrement de la Dauphine, tels que citron, orange ou autres qui ne
servaient strictement à rien."
Monsieur Marette
émet l'avis que "le cœur du premier fils de Louis XVI fut
simplement lavé et desséché après son extraction,
et placé sans doute un certain temps dans un bocal avant d'être
enveloppé dans un voile d'argent". (1)
"Dans ces conditions, le "cœur Pelletan" et le "cœur de Louis-Joseph" présenteraient les mêmes caractéristiques et l'argument de Monsieur Delorme selon lequel un cœur embaumé ne peut être analysé - ce qui n'est d'ailleurs pas démontré - tombe."
"Quant aux 2cm
d'aorte visibles sur le cœur de 1895 et sur celui de 1999, l'anatomie montre
que ce vaisseau s'implante dans le cœur, non à son sommet, mais
à environ 2cm de celui-ci, dans l'oreillette. Pour séparer
cet organe du corps, il est normal de couper tous les vaisseaux au niveau
du haut du cœur, donc, effectivement, en laissant une partie de l'aorte,
qui, par la même occasion, obture le "trou" qu'aurait provoqué
une coupure arasée de cette artère au beau milieu de l'organe.
La photographie
du cœur après prélèvement montre parfaitement cette
position de l'aorte.
Cette "particularité" est donc une"généralité" et ne peut servir d'identification.
Par contre, la
différence du quart sur la hauteur du cœur et la différence
de l'état du ventricule droit sont indiscutablement la preuve que
ce sont deux organes différents." (voir toujours le livre de Monsieur
Delorme, page 193 pour la description du cœur 8cm x 3cm du docteur Martelière
en 1895 et page 251 pour la description du cœur 6cm x 3cm par le
professeur Pfeiffer avant le prélèvement en 1999).
Ces différences sont d'ailleurs
confirmées par la simple comparaison des rapports entre les dimensions
du cœur et de l'urne, sur la reproduction du fac-similé paru dans
la "Revue Rétrospective" en 1894 et celle de la photographie de
1999."
"La preuve n'est donc pas faite que le cœur analysé est celui de Louis XVII."
"Pour toutes ces raisons, la thèse de M. Delorme apparaît sans valeur, ni historique, ni scientifique, surfaite et gratuitement diffamatoire vis-à-vis de mon ancêtre et de ma lignée."
Je vous saurais gré, Monsieur le Directeur de la Publication, de bien vouloir me donner la parole, et je vous adresse mes meilleures civilités.
voir le livre de Philippe Boiry "Le dossier Louis XVII, Une affaire de Cœurs" éditions François de Guibert