03/06/98 © Rossel & Cie SA- LE SOIR Bruxelles
 

L'ADN le confirme: Naundorff n'était pas Louis XVII

    Et si Louis XVII, fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette n'était pas mort au Temple en 1795, mais avait été extrait de sa geôle? La face du monde n'en serait pas changée mais, pour nombre de passionnés de France et de Navarre (et l'association belge Louis XVI) la question est essentielle. Aussi étaient-ils en force à Louvain pour entendre les conclusions des chercheurs du Centre de génétique humaine de la KUL et du Laboratoire de génétique moléculaire de Nantes qui se sont penchés sur l'analyse de l'ADN de Karl Wilhelm Naundorff qui prétendit être le dauphin mais qui n'en dut pas moins s'exiler aux Pays-Bas où il mourut en 1845 à Delft.

    L'énigme demeure et si le "Cercle d'études historiques sur la question Louis XVII" recense... 101 dauphins potentiels, le cas Naundorff était d'autant plus interpellant que ce Prussien avait gagné la confiance du roi Guillaume II alors que ses descendants, obtenaient le droit de porter le nom de Bourbon. Un génial faussaire? Mais comment expliquer alors qu'il présenta une tache à l'intérieur de la cuisse gauche ainsi qu'une morsure de lapin et des traces d'inoculation au bras, tous signes qui devaient permettre d'identifier le malheureux fils de Louis XVI?

    L'équipe du professeur Cassiman (KUL) n'a pas d'états d'âme monarcho-capétiens mais seulement des objectifs scientifiques. Faire une recherche sur le code ADN mitochondrial (transmis uniquement par la mère) était dans ses cordes d'autant plus qu'elle pouvait disposer de cheveux et de l’humérus de Naundorff exhumés de sa tombe en 1950. Si les premiers n'ont rien donné, l'analyse de l'os a permis d'aller plus loin. Restait à trouver du matériel génétique se raccrochant à Marie-Antoinette: l'on analysa d'abord des cheveux de deux tantes du dauphin, Johanna-Gabriela et Maria-Josepha. Insuffisant pour tirer des conclusions... Il fut donc décidé de chercher d'autres traces. Elles vinrent du Palais de Bruxelles: la reine Louise-Marie (notre première reine) et sa fille Charlotte étaient des parentes de la "bergère de Versailles" dont des cheveux sont conservés aux Archives. Une investigation pas plus décisive. Cassiman et son équipe se tournèrent alors vers des descendants en vie: la reine Anne de Rournanie et son frère André de Bourbon-Parme. Résultat: il n'y a pas de liens décisifs entre Naundorff et Marie-Antoinette- Le rideau n'est cependant pas tombé définitivement :. l'Institut Louis XVII présidé par Charles Louis Edmond de Bourbon veut une nouvelle analyse. Entreposé depuis 1950 dans un bocal à la PJ de Rijswijk, l'os de son aïeul aurait pu être "trafiqué"…

CHRISTIAN LAPORTE

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