L'enfant du temple
garde son secret

        Le mystère de l'enfant du temple n'est pas résolu et la polémique est loin de s'éteindre.

        De sa Touraine, où il possède une résidence secondaire (à Souvigné), Charles de Bourbon, descendant de Naundorff que les « survivantistes » présentent comme le véritable Louis XVII (et reconnu comme tel par la cour des Pays-Bas), a vigoureusement contesté les résultats de l'analyse génétique du cœur du présumé dauphin (voir la NR du 20 avril) mort à la prison du Temple. Analyse qui a établi la parenté avec Marie-Antoinette. « Parenté, peut-être, mais cela ne signifie pas qu'il s'agisse de son fils. Le cœur analysé peut être celui de n'importe quel Habsbourg », argumente M. De Bourbon.

Urne de cristal

        II vient de communiquer un nouvel élément qui, selon lui, est « une pièce à conviction prouvant qu'il y a eu substitution du cœur découvert sur un tas de sable, en 1831, près de l'archevêché de Paris saccagé parles révolutionnaires, auprès de débris d'une urne de cristal, par le fils du docteur Pelletan (celui qui avait procédé à l'autopsie du corps du présumé dauphin) ». Le fils du docteur Pelletan fit refaire une urne de cristal, y plaça le cœur qui, après diverses péripéties. passa aux mains de la famille de don Carlos, duc de Madrid, prétendant légitimiste au trône de France. Ce sont les descendants de don Carlos qui ont remis l'urne au mémorial de France à Saint-Denis, d'où on l'a retirée pour procéder à la recherche d'ADN.

        Or, M. De Bourbon vient de recevoir de Mme de la Chapelle (secrétaire du Cercle d'études historiques sur « la question Louis XVII ») les mémoires du docteur Pelletan : « y figure le fac-similé de l'urne de cristal contenant le cœur Si le vase est bien le même que celui qui a été présenté récemment à la presse, manifestement, le cœur - très visible par transparence - a été manipulé, substitué. En effet, sur la reproduction figurant dans les mémoires de Pelletan, le cœur est attaché directement au couvercle et des débris de l'urne originelle reposent au fond du vase. Mais sur la photo de l'urne fournie pour l'examen génétique, le cœur est suspendu au couvercle par un fil de fer, et il n'y a plus de débris. II s'agit donc de la même urne, mais pas du même cœur ».

        Voilà qui apporte de l'eau au moulin des « survivantistes », qui rappellent que « le cœur vient d'un corps, autopsié par Pelletan, mesurant 30 cm de plus que celui du dauphin ». Les tests d'ADN n'auraient donc pas résolu le mystère de l'Enfant du Temple... Et la polémique n'est pas près de s'éteindre.

Pierre LECHANTRE.

LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE-OUEST DU 28/04/2000

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