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MISE AU POINT APRES L'ARTICLE
de Stéphan BERN
dans « LE FIGARO »
du Il août 1999
« L'Incroyable odyssée
du cœur de Louis XVII »
Monsieur Philippe Delorme n'est pas le premier à avoir, non seulement eu l'idée, mais effectué la demande de l'analyse de l'ADN de ce cœur.
Déjà, dans le numéro spécial de « HISTORAMA » N° 25 sorti au début de 1993 et consacré à « L'Affaire Louis XVII », Monsieur Gérard Guicheteau préconisait ces examens et citait ce cœur comme matériau pouvant y être soumis. Dans le N° 29 de ce même « HISTORAMA », de février 1993, Monsieur Gérard Guicheteau fait part de la démarche qu'il a faite, conjointement avec le président du "Cercle d'Etudes Historiques sur la question Louis XVII, Monsieur Jacques Hamann, auprès du Ministère de la Culture et de l'Education pour effectuer une exhumation au cimetière Sainte Marguerite où est enterré « L’Enfant décédé au Temple » et le prélèvement sur le cœur déposé à la basilique Saint Denis.
Monsieur Hamann a reçu la réponse suivante de la Direction
du Patrimoine, Monsieur Christian du Pavillon:
« Vous avez sollicité l'autorisation de Monsieur le Ministre
d’Etat, ministre de l’Education Nationale et de la Culture, afin d'effectuer
une analyse historique comparative entre le cœur de l'enfant mort au Temple
et le squelette découvert au cimetière Sainte Marguerite
en 1846.
Etant donné la complexité
de la question et afin de vous répondre, j'ai chargé Monsieur
Bruno de Saint-Victor, inspecteur général des monuments historiques,
d'étudier votre demande.
Il apparaît, suite à
ses conclusions et suite aux différentes études déjà
réalisées, que le cœur déposé dans la crypte
de Saint Denis en 1975 est vraisemblablement celui de l'enfant d'une dizaine
d'années mort à la prison du Temple et autopsié par
Pelletan, rien ne permettant d'affirmer que ce cœur est celui de Louis
XVII (C'est nous qui soulignons). Le squelette du cimetière
Sainte Marguerite appartient, d'après les examens ostéologiques
de 1846 et 1894 à un corps d'adolescent de seize à vingt
ans.
Dans ces conditions, l'analyse scientifique que vous demandez ne pourrait
que confirmer une évidence: le coeur de Saint Denis et le squelette
de Sainte Marguerite n'appartiennent pas à la même personne.
De plus, le squelette ne peut en aucune manière être celui
de Louis XVII qui aurait eu dix ans en 1795. Il ne m'est donc pas possible
de donner une suite favorable à votre demande. »
Nous citons l'intégralité de cette réponse car elle constitue, en elle-même, une magnifique démonstration des contradictions avec elle-même de l'Administration qui refuse, entre autres, d'annuler l'acte de décès du Temple, mais refuse de laisser faire des analyses qui ne feraient que constater que ce n'est pas Louis XVII qui est enterré au cimetière Sainte Marguerite, ce qu'elle affirme!
Ces examens ADN, sur tous les éléments venant de la Famille Royale et les restes de Naundorff-Louis XVII, ont été demandés par le Doyen Philippe Boiry - qui a été le coordinateur des examens pratiqués bénévolement à Nantes par le docteur PASCAL et à Louvain par le professeur CASSIMAN - mais à qui la ville de Paris a refusé, à lui aussi, l'exhumation du corps enterré à Sainte Marguerite à l'endroit désigné par le fossoyeur Bertrancourt qui avait retiré l'enfant de la fosse commune pour le mettre dans un cercueil de plomb à une place inhabituelle pour le conserver. Ce que Monsieur Delorme « omet », c'est que ce squelette correspondait exactement à la description du corps autopsié au Temple, le docteur Pelletan ayant même signalé une « échappée » de scie lors du découpage de la calotte crânienne, bien visible sur les photographies prises de ce crâne en 1894. A ce propos, une autre contre vérité de M. Delorme est que la Famille Royale n'avait pas de membres tuberculeux, sauf le Dauphin aîné de Louis XVI, mort en 1789, qui a été contaminé par sa nourrice, Madame Poitrine, recommandée par le comte de Provence, et que le petit prisonnier du Temple, contrairement à ses dires, ne présentait aucun signe de cette maladie jusqu'à son « enfermement » fin janvier 1794. Or l'autopsie dit bien: scrofule évoluant depuis longtemps, diagnostique confirmé par ceux qui ont vu « le grand enfant » fin 1794, aux membres trop longs et au thorax étroit, bien différent de celui plein de vie, joufflu et plutôt petit qui jouait avec les Simon.
S.A.R. Charles-Louis-Edmond de Bourbon, non seulement avait donné
son accord à ces examens concernant son aïeul, mais avait remis
au Doyen Boiry, le 18 juillet 1995, plusieurs cheveux coupés sur
la tête de son arrière grand père sur son lit de mort
et le 28 novembre 1996 un médaillon comportant des cheveux de la
reine Marie-Antoinette qui furent prélevés par le docteur
Pascal. Le Doyen Boiry avait remis de son côté un médaillon
des cheveux de la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe
et nièce de Marie-Antoinette, qu'il avait acheté de ses deniers
(voir son livre « Louis XVII-Naundorff devant l'ADN ou le second
Masque de Fer », éditions Presse de Valmy). Par parenthèse,
que Monsieur Bern relise dans ce livre au chapitre V « Un pauvre
cœur », la polémique qu'il eut, dans ces mêmes colonnes
du Figaro, avec Monsieur Raoul de Warren au sujet de l'authenticité
du « cœur de Pelletan ».
Or, d'après le laboratoire
de Nantes, l'analyse de cheveux si anciens et coupés, donc sans
bulbe c'est-à-dire sans racine, est aléatoire.
C'est grâce à ces mêmes analyses précédentes que le professeur Cassiman a déterminé le code ADN de Marie-Antoinette et de deux de ses sœurs (prélevés sur des médaillons fournis par Monsieur Pétrie), et possède donc, d'après lui, l'élément ADN à comparer à celui du cœur de St Denis. L'ADN des deux descendants directs par les femmes de l'impératrice Marie-Thérèse, mère de Marie-Antoinette, actuellement vivants, présente d'ailleurs des différences avec celui de la Reine.
Ce qui pose problème, c'est que les résultats de ces premières analyses ADN, diffusées le 2 juin 1998 à l'Université de Louvain, à grand renfort de médias, ont été donnés comme négatifs et définitifs par le professeur Cassiman (voir le livre de Charles-Louis-Edmond de Bourbon « La survivance de Louis XVII, Les Preuves » qui donne tous les documents de ce dossier , chez l'Institut Louis XVII). Mais surtout cette comparaison d'ADN reposait pour Louis XVII-Naundorff uniquement sur l'analyse des deux extrémités d'un humérus, réputé provenir de l'exhumation faite en 1950 de son squelette à Delft au Pays-Bas. Or, ces morceaux d'os avaient pérégriné pendant 46 ans, dans un bocal non scellé, et avaient été montrés comme curiosité aux étudiants - donc nombreuses manipulations entrainant pollution de l'ADN - en admettant de plus que ce soient toujours les mêmes os qu'au départ.
Dans les analyses de 1998, il y avait doute sur le "témoin" de Louis XVII-Naundorff mais également sur la fiabilité d'analyse de cheveux coupés, anciens et pollués.
Pourquoi ces deux laboratoires ne parlent-ils jamais des doutes qu'ils avaient sur ces ossements, exprimé par écrit par le docteur Pascal au professeur Cassiman, et par ce dernier à la radio, relayée par Internet, demandant à la municipalité de Delft une nouvelle exhumation?
Pourquoi donc, un simple journaliste comme Monsieur Philippe Delorme obtient-il l'autorisation de faire pratiquer ces examens, à effectuer par un laboratoire Belge et un Allemand, demandant cette fois des honoraires?
Pourquoi ne pas demander au docteur Pascal, du laboratoire officiel national Français de Nantes, qui a fait les examens précédents gracieusement, de continuer parallèlement son action dans cette affaire?
Nous nous retrouvons donc dans un cas à peu près semblable, car vous avez pu lire dans le Figaro l'odyssée de ce cœur, perdu et retrouvé et qui avait été précédemment refusé par la Famille Royale qui ne croyait pas qu'il s'agissait du coeur de Louis XVII. Là aussi il y a eu de nombreuses manipulations polluantes, même si ce cœur est authentiquement le coeur prélevé par le docteur Pelletan.
Etablir des preuves scientifiques qui puissent éclairer l'Histoire est très bien en soi. Encore faut-il qu'en tout premier lieu, les éléments analysés soient authentiquement indiscutables. C'est là, la pierre de touche, de tous ces examens, dont le caractère scientifique en lui-même est fiable -en l'état actuel de nos connaissances - qui d'ailleurs peuvent être remises en question dans l'avenir - mais où, dans chaque cas largement médiatisé, tels Anastasia que l'on s'est dépêché d'incinérer et le descendant éventuel de la famille de Bade, Gaspar Hauser, les éléments sont absolument aléatoires: un morceau d'intestin prélevé lors d'une opération (!) et une dent retrouvée chez un dentiste(!) et un caleçon taché de sang, alors que le corps de Gaspar est toujours disponible. Ou pire, où les intérêts financiers en jeu, dans le cas de la fille présumée d'Yves Montant, son portrait vivant, font présumer de manipulations sordides.
Un fait, inacceptable et scandaleux, est que, aussi bien pour les résultats comparatifs de le Famille Royale et de Naundorff-Louis XVII, que cette fois-ci pour ceux de la reine Marie-Antoinette et du cœur de Pelletant, les résultats sont donnés "d'avance" comme déboutant la Survivance, position pour le moins non scientifique et preuve d'une « pensée imposée » qu'il faut à tout prix faire triompher.
Il est significatif aussi que pour tous les articles parus sur la question, il ne nous est jamais publié de droit de réponse et dans les toutes dernières émissions radiophoniques, jamais il n'est ne nous est donné la parole. Evidemment, nous réduisant à quelques dizaines de partisans(!) nous ne méritons pas d'être entendus. Tous ces exposés sont l'expression d'une seule opinion qui se présente comme la seule intelligente, impartiale(!) et valable - alors qu'elle est basée sur un a priori éliminant tout ce qui le gène, interprétant tendancieusement ou déformant même des éléments historiques.
Déjà, en 1975, dans « L'Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux », Messieurs Jean Pascal Romain, Raoul de Warren et Maurice Etienne avaient exprimé leurs doutes sur l'authenticité de ce cœur de Pelletan.
Les résultats de l'analyse demandée ici ne pouvant être que négatifs, ne pourraient donc que nous être favorables, ou au moins, laisser le problème en l'état. Mais S.A.R. Charles-Louis-Edmond de Bourbon désire avant tout la Vérité et dénonce le doute sur les éléments analysés.