L'enfant du Temple était bien Louis XVII

            REVISIONS DE PROCES, et maintenant rétablissement (le la vérité historique. la science autorise décidément tous les miracles. Grâce à elle, c'est l'une des plus grandes énigmes de l'histoire de France qui vient d'être élucidée par deux généticiens. Les résultats des test ADN,. annoncés hier par les professeurs Jean-Jacques Cassiman de l'université de Louvain (Belgique), et Emst Brintckmann, de celle de Munter (Allemagne), sont formels : l’ « enfant du Temple » est bien Louis-Charles Capet, dit Louis XVII, dauphin de France.

            Pendant plus de deux siècles, le mystère a donc plané.Louis XVII Le garçon de 10 ans. mort le 8 juin 1795 des suite d'une tuberculose osseuse dans les geôles du Temple, était-il ou non le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, guillotinés pendant la Révolution française ? Près de 800 livres et quelque 2000 articles ont été consacrés à cette question. Rumeurs, querelles et fantasmes. .Jusqu’:a hier. le sujet a agité les milieu monarchiste, et intrigué nombre d'historiens. D'un côté, les «survivantistes» ont toujours affirmé que louis XVII s'était échappé de la prison du Temple, puis qu'on lui avait substitué un enfant malade du même âge. A les croire, le petit prince aurait survécu ailleurs, sous un nom d'emprunt. Depuis, une centaine de faux dauphins, plus ou moins louffoques, ont prétendu être le fameux Louis XVII. Le plus célèbre reste Karl Naundorff, un horloger allemand, dont les descendants portent depuis le nom de Bourbon. Aujourd'hui encore, beaucoup continuent à se réclamer de la descendance du jeune garçon.

            Dans deux ouvrages consacrés à la question (*). Philippe Delorme en est arrivé aux conclusions contraires: selon l'écrivain-historien, qui a épluché les archives de l'époque, Louis XVII est bel et bien l'enfant mort au Temple. Histoire de continuer sa thèse et de tirer un trait définitif sur l'énigme, il a décidé de faire appel à la science.

Conservé dans un tiroir puis baigné dans du vin...

            Pour procéder aux tests ADN, il a demandé à deux généticiens de prélever en décembre dernier des tissus du cœur présumé de Louis XVI1 : un organe desséché, presque anonyme, gisant dans une urne de cristal, au sein de la nécropole de la basilique de Saint-Denis où sont inhumés tous les rois de France. C’est cette relique, dure comme de la pierre, que l'analyse génétique est parvenue à faire « parler » en comparant les tissus du cœur avec l'ADN prélevé sur les cheveux de Marie-Antoinette, de ses tantes et de deux descendants actuels. Un vrai « miracle », tant le cœur du dauphin aura connu d'invraisemblables tribulations : extrait au lendemain du décès par le docteur Pelletan, médecin légiste charge d'autopsier Louis XVII l'organe sera perdu et retrouvé, conservé dans un tiroir puis baigné dans du vin…avant d'atterrir en 1975 a la basilique de Saint-Denis. C’est là, dans la crypte, que le cœur de Louis XVII regagnera bientôt sa place. entre les tombes de son père et de sa mère.

            Mais même contredites par la science. les légendes ont la vie dure. Hier, les descendants dit comte de Naundorff ont contesté les résultats de l'analyse génétique et demandé une contre-expertise.

CHARLES DE SAINT SAUVEUR

(*) Le dentier en date : « Louis .XVII, la vérité », Edition Pygmalion, à paraître le 2 mai.

LE PARISIEN DU 20/04/2000

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